La gauche face au conflit israélo-palestinien

peace

 

Mes remarques portent sur trois aspects du conflit israélo-palestinien:

1. la lutte armée à Gaza et la question de la militarisation du Moyen-Orient dans le contexte actuel
2. la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanction)
3 le concept-clé du « sionisme »
Ce texte présente quelques réflexions par rapport à ces trois points. Quelques
conclusions seront présentées à la fin du texte.
1.la lutte armée et la question de la militarisation du Moyen-Orient dans le contexte actuel
Comment une phrase d’un militant de la gauche radicale luxembourgeoise comme « nous soutenons le droit des Palestiniens à la résistance et à la lutte armée contre l’occupation sioniste et la confiscation ininterrempue de ses terres. » résonne-t-elle dans le contexte actuel au Moyen-Orient qui se caractérise par l’expansion rapide du courant clérical-fasciste salafiste. Ce « radicalisme musulman recouvre pour l’essentiel le salafisme djihadiste, largement encouragé par le wahhabisme d’Arabie saoudite pour lutter contre les Frères musulmans. Il prévoit la fin prochaine du monde, avec comme signe annonciateur la guerre en Syrie, bataille de l’ Armageddon prévue par les prophètes et reprise par le Coran.»

La confrontation des deux courants shiite et sunnite du clérical-fascisme de tendance islamiste ont entraîné un remodelage en Syrie et en Irak avec l’affirmation d’un état kurde qui lui-même est combattu par la Turquie, membre de l’OTAN. L’enjeu du seul accès russe vers la Méditerranée via la base navale russe en Syrie et la militarisation du régime d’Assad par la Russie et des «rebelles » par les alliés des Etats-Unis comme l’Arabie Saoudite et la Turquie sont des éléments importants dans le cadre de la nouvelle guerre froide qui esten train de voir le jour au niveau global.

En Libye des milices de tendance salafiste contrôlent aujourd’hui la capitale libyenne et ont participé à plonger ce pays dans le chaos. Il n’a pas fallu attendre le massacre de Charlie Hebdo pour comprendre que l’antisémitisme est un point de convergence de tous ces courants du clérical-fascisme à la sauce islamiste.Peut-on omettre de parler de ce phénomène, qui est d’ailleurs lié aux invasions militaires occidentales en Iraq et en Afghanistan? A défaut de le faire à gauche, c’est la droite voire l’extrême-droite qui occupe ce terrain politique tout en proposant les mauvaises réponses qui attisent uniquement l’islamophobie et l’antisémitisme.

Rappelons que certains courants de la gauche radicale avaient soutenu la liquidation armée des régimes autoritaires mais religieusement pluralistes d’Assad et de Gaddafi. Je crois que cette position a contribué à créer la situation qui est maintenant devenue infernale pour des millions de réfugiés et civils innocents et hautement explosive pour toute la région et bien au-delà! Si on prend en considération la rivalité géopolitique entre les USA et la Russie qui se manifeste également par les armes en Ukraine, et si on connaît le rôle de forces régionales comme le Qatar, l’Arabie Saoudite, la Turquie et l’Iran, on mesure le potentiel d’escalade militaire dans la région qui à l’instar d’une poudrière risque si les plans des faucons néo-conservateurs américains et européens aboutissent à un remodelage sans précédant du Moyen-Orient et la concrétisation de leurs idées.

En effet, comme ignorer qu’à cause de leurs non-alignements géopolitiques sur la ligne de Washington, des pays comme l’Iraq, la Syrie et la Libye avaient déjà été le sujet de plans de déstabilisation américains qui stipulent entre autre que mieux vaut qu’un pays sombre dans le chaos et la guerre que d’être un adversaire géopolitique et un allié de la coalition entre la Russie et la Chine. Face à cette situation très dangereuse, il faut éviter toute escalade supplémentaire et prôner une politique de démilitarisation du Moyen-Orient. Où se retrouve dans le texte amendé une référence à une revendication ancienne et malheureusement très actuelle à gauche, càd, la création d’une zone dénucléarisée au Moyen-Orient? Où se trouve l’appel urgent à la paix et la démilitarisation?

L’Etat islamique à Gaza

Ces évolutions récentes qui influencent quand même la situation en Israël-Palestine en général et à Gaza en particulier devraient être prises en considération dans notre positionnement. Si j’ai toujours soutenu le mouvement des Refusniks en Israël et me suis toujours opposé à l’utilisation totalement disproportionnée de moyens militaires par l’armée israélienne, je le trouve plus que nécessaire de condamner également la violence aveugle, tournée dans la plupart des cas contre des civils dans les deux camps, perpétrée par des islamistes.

Je pense que la crédibilité de la gauche radicale est beaucoup liée à sacapacité d’analyse et de critique qui a toujours englobé TOUTES les parties belligérantes dans des conflits utilisant des moyens militaires illégitimes contre des civils pour atteindre leurs buts. Est-ce qu’on peut analyser le conflit israélo-palestinien sans tenir compte de l’islamisation et de la militarisation dans les pays voisins respectivement dans les territoires occupés par Israël, à Gaza et les territoires contrôlés par le Fatah?
Comment juger le fait, que l’organisation de l’Etat islamique s’est aujourd’hui installée à Gaza ce qui est finalement la suite logique de la visite de l’émir du Qatar à Gaza en 2012. Rappelons que le Comité exécutif de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) avait dénoncé cette visite, appelant les pays arabes à « ne pas poursuivre la politique d’établissement d’une entité séparatiste dans la bande de Gaza, qui sert fondamentalement les desseins israéliens »
Selon une information de juin 2015 de l’association France-Palestine, à Gaza, «les partisans de l’Etat islamique défient le Hamas et les partisans de l’Etat islamique ont revendiqué un tir de roquette début juin 2015 contre Israël samedi depuis Gaza. Ils veulent ainsi déstabiliser le Hamas, qui contrôle la mince band de territoire. (…) A quelques semaines du premier anniversaire du déclenchement de l’opération « Bordure protectrice », la guerre de cinquante jours qui a opposé Israël aux factions palestiniennes de Gaza durant l’été 2014, cettenouvelle bouffée de violence ne laisse rien présager de bon. Sauf que cette fois,le scénario diffère des précédents.
En effet, début juin 2015 les tirs de roquettes sont revendiqués par les partisans gazaouis de l’Etat islamique, qui contrôle un large territoire à cheval sur l’Irak et la Syrie. Regroupés au sein des « Brigades Omar-Etat islamique en Palestine-Bayit Al Makdass », ils sont environ un millier. Il s’agit de dissidents du Hamas et du Djihad islamique alliés à une série de petits groupes salafistes. » Ne faudrait-il pas condamner cette attaque et l’IS? Est-ceraisonnable de revendiquer la libération de tous les prisonniers politiques palestiniens si certains, comme les membres de lS, ne connaissent que la violence comme moyen d’action ?
Non à la militarisation du conflit. Pour une responsabilisation de tous les acteurs !

Personnellement,je partage la position du grand analyste du mouvement de la paix allemand et personnage clé de la nouvelle gauche Andreas Buro car il condamne fermement le terrorisme d’état du gouvernement d droite et d’extrême droite israélienne sans oublier que les violations des droits humains commis par certains secteurs du Hamas et autres extrémistes islamistes (djihad islamique, is, al quaida, …) . Israël a été attaqué avec des roquettes provenant également de Syrie et du Liban et il est à craindre que l’l’IS n’utilise des armes de destruction massive dans la région et peut-être contre Israël.

Il faut sortir de cercle infernal de la militarisation et dénoncer clairement toutes sortes de violence envers les civils perpétrés par l’armée israélienne, le hamas, le hizbollah et l’IS. Toute émanation du clérical-fascisme au niveau religieux doit être combattu avec véhémence par les forces laïques et émancipatrices. Le silence d’une partie de la gauche face aux violations des droits de l’homme de la population civile israélienne et palestinienne par des islamistes est une erreur politique fondamentale.Il faudrait condamner toutes les émanations du clérical-fascisme en Israél et Palestine.
Andreas Buro le formule comme suit dans son texte « Eine persönliche Erklärung zum Gaza-Krieg »5 du 1 août 2014 : «Die Kriegsführung der israelischen Regierung ist von höchster Brutalität und vollkommener Rücksichtslosigkeit gegenüber der Bevölkerung im Gazastreifen. (…) Der Raketenbeschuss israelischen Gebiets durch das Hamas-Regime richtet sich gegen die israelische Bevölkerung und ist ebenfalls ein Kriegsverbrechen, wenn auch die Auswirkungen unvergleichlich geringer sind als die der Angriffe der israelischen Armee.» et « Die Hamas-Strategie wird ebenfalls ohne Rücksicht auf die Bevölkerung im Gazastreifen exekutiert. Wenn die israelische Regierung keine Verhandlungsbereitschaft signalisiert – und davon gehe ich aus – so wird der militärische Konflikt auf unabsehbare Zeit fortgesetzt. »

Si au cours des discussions autour de notre thème certains camarades se sont laissés emporter par une véritable ferveur militariste en voulant « lancer bombe atomique sur la Knesset » ou « utiliser tous les moyens aussi militaires  » dans la lutte de la population palestinienne pour sa libération que je souhaite d’ailleurs également, je trouve que cela démontre une tendance militariste manifeste au niveau de déi Lénk que je juge absolument contra-productive vu l’état actuel de la situation géopolitique au Proche et Moyen-Orient. Je considèreque c’est justement cette approche militariste qui rend la lutte non-violente comme la première intifada qui était avant tout un mouvement populaire et de désobéissance civile – de plus en plus difficile pour les mouvements de la paix enIsraël/Palestine.

La dégradation de la situation en Syrie où un mouvement populaire non-violentenvers le régime autoritaire d’Assad a été utilisé par l’internationale djihadiste et leurs financiers de semer le chaos et la terreur ne peut pas nous laisser indifférent. Dans le cas d’une escalade militaire majeure, les armes de destruction massive risquent d’être utilisées. Andreas Buro répond ainsi à cette question très difficile:«Die Erfahrung aus dem israelisch-palästinensischen Konflikt von über 60 Jahren zeigt mir, Gewalt auf beiden Seiten erzeugt immer nur mehr Gewalt und Unterdrückung. Eine Unterstützung der Gewaltpolitik der israelischen Regierung vor dem Hintergrund der deutschen Verbrechen an Juden während des Nationalsozialismus, dem Holocaust, halte ich für falsch. Schon werden aus Deutschland gelieferte Unterseeboote mit israelischen Atomwaffen ausgerüstet.

Die Verstöße der israelischen Regierung gegen internationales Recht und gegendie Menschenrechte dürfen nicht schweigend hingenommen werden.Frieden und damit Sicherheit ist nur durch friedliche Mittel zu erreichen. Daran ist zu arbeiten. Ich hoffe, sehr viele werden, wie ich, solche persönlichenErklärungen abgeben und veröffentlichen. Das könnte Freiraum schaffen, gegen die klammheimliche Duldung der Kriegsverbrechen in Nahost.»

2. La campagne BDS (Boycott,Desinvestissement, Sanction)

Rappelons que « la campagne BDS qui se réfère explicitement aux campagnes de boycott ayant été conduites contre le régime d’apartheid d’Afrique du Sud, demande à exercer des pressions sur l’État d’Israël jusqu’à ce que celui-ci se conforme au droit international, et notamment aux résolutions de l’ONU. »

Certains aspects de cette campagne me semblent critiquables et risquent d’avoir des conséquences contra-productives. J’aimerais souligner dans

ce contexte que je partage la position du président actuel de l’autorité palestinienne, Mahmud Abbas, qu’il a fait lors de sa visite en Afrique du Sud à l’occasion des funérailles de Nelson Mandela, le 13 décembre 2013,et qui lui vaut, à tort selon moi, la vive hostilité de certains militants de la campagne BDS qui l’accusent même parfois de traîtrise. Le président de l’Autorité palestinienne dit en effet : « Nous ne soutenons pas le boycott d’Israël. Mais nous appelons au boycott des produits issus des colonies .» (« We do not support the boycott of Israel. But we ask everyone to boycott the products of the settlements.»).

Quelle étendue de la campagne BDS ?

Force est de constater que certains supporters de BDS ne cachent pas être défavorables à la coexistence d’un État Palestinien et d’un État Israélien. Ceci est tout simplement à l’encontre de toutes nos déclarations publiques à ce sujet qui ont toujours prôné la coexistence de deux états.

Tous les signataires eux-mêmes ne s’accordent pas sur l’extension géographique à donner au boycott : celui-ci doit-il s’appliquer à toutes les productions venant d’Israël ou bien à celles-là seulement qui trouvent leur origine dans les territoires contestés ? Personnellement je suis uniquement pour le boycott des produits issus des territoires occupés et pas d’Israël tout en affirmant que l’aide militaire et financière des Etats-Unis envers le gouvernement israélien doit cesser et qu’Israël ne devrait pas pouvoir exporter des armes ou des drones militaires vers l’UE.

Diversement suivie dans de multiples pays où elle rencontre parfois des obstacles légaux, cette initiative peut donner lieu à un débat portant sur son

étendue, son efficacité, son opportunité, sa légitimité et sa légalité. Un débat dans lequel est exprimée la crainte que cette campagne, en dépit de ses déclarations légalistes, n’aboutisse à une délégitimation, non pas tant seulement de la politique conduite par les différents gouvernements israéliens dans les territoires occupés, mais de l’État d’Israël lui-même.

Près de quarante Lauréats du Prix Nobel sont signataires d’une « Déclaration des Prix Nobel en réponse à la campagne BDS d’appel au boycott académique » dans laquelle ils indiquent :« Convaincus que les appels au boycott, au désinvestissement et aux sanctions des institutions académiques et culturelles :

– Vont à l’encontre des principes de liberté académique etscientifique

Contreviennent aux principes de liberté d’expression et de recherche

Sont susceptibles de constituer une discrimination en vertu de l’origine relative à un État nation.

Nous soussignés, Lauréats du Prix Nobel, appelons les étudiants, les enseignants et administrateurs de facultés à vaincre et dénoncer les campagnes d’appels au boycott, au désinvestissement et aux sanctions à l´encontre des institutions académiques, universitaires ou affiliées à des centres de recherche et de formation israéliens. De plus, nous encourageons les étudiants, les enseignants et administrateurs de facultés à promouvoir et

fournir des opportunités au débat académiques citoyen pour que les parties s’engagent vers une résolution des conflits et des problèmes plutôt que de servir d’incubateurs à la défiance polémique, la propagande et l’incitation à la haine. Nous nous sommes dévoués, comme beaucoup d’autres, en faveur de l’amélioration de la condition humaine en consacrant notre tâche souvent difficile et insaisissable à la compréhension de phénomènes complexes et insolubles en apparence. Nous sommes convaincus que l’Université œuvre en sa qualité de communauté coopérative et collaborative à la fois ouverte, tolérante et respectueuse, dédiée aux pratiques de résolution de problèmes complexes»

Le groupe allemand DIE TOTEN HOSEN a répliqué à l’appel culturel d’Israël ce qui suit :“Über unsere Internetseiten haben wir zwar die ein oder andere Nachricht bekommen, in der man uns fragte, wie wir uns erlauben könnten, hier in diesem Land zu spielen, wo doch so viele andere abgesagt haben. Ich lasse mich von solchen Aussagen aber überhaupt nicht beeindrucken,mit so etwas kann man uns nicht einschüchtern. Hier scheint das aber wirklich ein großes Thema zu sein. Ich habe einigen israelischen Zeitungen Interviews gegeben – und ausnahmslos alle Reporter haben nach dem Boykott gefragt.«

L´activiste Noam Chomsky conteste le mouvement BDS pour certaines de ses politiques qui mettent l’accent sur les boycotts culturel et scientifique à l’intérieur des frontières internationalement reconnues d’Israël. Il s’agit pour lui d’un « échec quasi-uniforme » car il « ouvre la porte à la réaction standard de ‘maison de verre’. Par exemple, si nous boycottons l’Université de Tel Aviv parce qu’Israël viole les droits de l’Homme à la maison, alors pourquoi ne pas boycotter Harvard en raison de bien plus importantes violations des Etats-Unis ? » La conclusion de Chomsky: « Les initiatives avortées nuisent doublement aux victimes –en déplaçant l’attention vers des questions non pertinentes… et en gaspillant les réelles possibilités de faire quelque chose de significatif ».

Analogie entre le boycott d’Afrique du Sud et d’Israél ?

Noam Chomsky dénonce la tactique de la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre Israël, soulignant que les organisateurs ignorent l’absence des sanctions internationales, et en particulier l’afflux constant de fonds en provenance des États-Unis. Dans un éditorial de The Nation1 Chomsky affirme concernant le BDS : « Le travail éducatif nécessaire n’a pas été fait », soulignant que certains de ses principaux objectifs pourraient finalement avoir un effet inverse à celui souhaité.

Le mouvement BDS devrait être nommé le mouvement BD, écrit Chomsky, « car les sanctions, ou actions de l’Etat, ne sont pas à l’horizon l’une des nombreuses différences notoires avec l’Afrique du Sud. »L’absence de pressions américaines sur Israël sape l’analogie « douteuse » établie entre Israël et l’Afrique du Sud, écrit-il, car dans le cas de cette dernière, les sanctions ont précédé les mesures de boycott et de désinvestissement. Et d’énumérer d’autres failles dans l’analogie : « Dans les territoires occupés, la situation est bien pire qu’elle ne l’était en Afrique du Sud, où les nationalistes blancs avaient besoin de la population noire : c’était la main-d’œuvre du pays, et si grotesques étaient les bantoustans, le gouvernement nationaliste consacrait des ressources pour qu’ils bénéficient d’une reconnaissance internationale. À l’opposé, Israël veut se débarrasser du fardeau palestinien. La route en vue n’est pas celle de l’Afrique du Sud, comme souvent clamé, mais bien pire.»

Au sujet de la déclaration du secrétaire américain d’État John Kerry – rétractée après avoir suscité une violente réaction – selon laquelle Israël se dirigeait vers un État d’apartheid s’il ne concluait pas d’accord de paix, Chomsky écrit que « cette croyance commune est un mirage».

« Tant que les États-Unis soutiennent les politiques expansionnistes d’Israël, il n’y a aucune raison de s’attendre à ce qu’elles cessent. Des tactiques doivent être élaborées en conséquence », ajoute-t-il.En ce qui concerne les liens entre Israël et les Etats-Unis, Chomsky déclare : « Les Etats-Unis devraient également être condamnés et punis pour fournir un soutien militaire, économique, diplomatique et même idéologique décisif pour ces crimes. »1

3. Le concept-clé du « sionisme »

Le terme « sionisme » : Histoire et genèse

J’ai l’impression que le terme « sioniste » est un concept-clé dans l’actuellediscussion et qu’il convient donc de bien nuancer de quoi on parle respectivement de quoi on intitule les gens. Car dans mon analyse de ce concept il me semble qu’on devrait décliner le concept de « sionisme» au pluriel et partir de l’idée qu’il n’y a pas UN sionisme mais plutôt DES sionismes.

Rappelons qu’historiquement le mont Sion est une montagne au Sud de la vieille ville de Jérusalem. Dans la Bible, Sion désigne la ville de Jérusalem et, par extension, tout ce qui personnifie la présence et la bénédiction de Dieu.

Dans la Bible hébraïque, la fille de Sion désigne Jérusalem et sa population,ainsi que l’ensemble du peuple juif par extension. Pour le catholicisme romain, la« fille de Sion » est Marie, mère de Jésus.

D’où vient cet attachement historique particulier du peuple juif à cette terre qui occupe aujourd’hui le territoire israélo-palestinien. Car si, selon l’Encyclopedia Universalis, « la problématique de l’exil est centrale dans la condition juive, ellel’est en étroite association avec son envers : l’attachement à la Terre d’Israël(Eretz Israël). L’exil est arrachement à la Terre promise mais aussi attente fiévreuse du retour. Déjà, l’exilé de Babylone, du vie siècle avant J.-C., psalmodiait:«Près des fleuves de Babel, c’est là que nous étions assis et que nous pensions,en nous souvenant de Sion » (Psaume 137).

La destruction du Temple de Jérusalem par Titus (70 de notre ère) et la répression des dernières velléités d’indépendance politique au iie siècle (soulèvement de Bar-Kokhba en 135) n’entament pas ce loyalisme envers la Terre d’Israël, qui est constamment entretenu par la pratique religieuse : lecture de la Bible et de ses commentaires, prière, liturgie synagogale. L’immigration (aliya) continuait à se diriger vers Eretz Israël pour des motifs religieux:- étude de la Torah dans les grands centres religieux du pays (Jérusalem, Safed, Hébron,Tibériade)- volonté d’être enterré dans une terre choisie par Dieu– croyance en l’accélération de l’arrivée des temps messianiques… Pourtant, bien que le lien physique avec la Palestine n’ait jamais été rompu, le rapport à

Sion devenait de plus en plus spirituel et de moins en moins réel au fur et à mesure que l’exil se prolongeait. Il faudra attendre le XIXe siècle pour que cette relation à Eretz Israël devienne à nouveau plus concrète et davantage politique.
Sionisme moderne : un concept aux multiples facettes

Ainsi écrit un pionnier juif en Palestine: «Le 28 octobre 1910, 12 des nôtres arrivions à Oum-Ghouni…Nous étions là pour fonder une implantation autonome juive sur le sol de la patrie; une implantation où il n’y aura aucune exploitation del’homme par l’homme ! »

Cette ferme devient le cadre d’un brassage de pensées et de différents idéaux sociaux, défendus par les mouvements ouvriers.Ainsi, on ne peut pas nier l’existence de partis d’extrême gauche sionistes. Ce sont le Poale zion gauche et le Hachomer Hatzaïr qui donneront plus tard le Mapam (en 1948).Ces deux partis ont été créé avant la Première Guerre mondiale. Le premier se réclame du marxisme, et le second du socialisme populiste russe, avec une forte influence anarchiste.

Hachomer Hatzaïr fut un des constituants du Mapam (1948-1992), et ensuite du Meretz deux partis socialistes sionistes..Meretz est un parti politique israélien de la gauche, laïc et socialiste, membre de l’Internationale socialiste.Le Poale Zion Gauche qui est également l’une des origines du futur grand parti de l’extrême-gauche sioniste, le Mapam rejoindra plus tard l’actuel Meretz. Rappelons que Mapam est lors de sa fondation en 1948 alors l’aile gauche du mouvement kibboutzique.

A l’origine, le Mapam est créé par des petits partis d’extrême-gauche sioniste qui militaient pour un état judéo-arabe et que ce sionisme de gauche, marxiste ou non-marxiste a été dominant en Israël/Palestine du début du siècle jusqu’en1977. Aujourd’hui le parti MERETZ soutient l’Initiative de Genève pour la paix signée Yossi Beilin. Il soutient le principe de « Deux Peuples, Deux États».

 Il me paraît donc faux d’affirmer que «LE» sionisme était uniquement et dès le départ tourné contre les Palestiniens, ce qui est démontré par la pure existence des villages collectivistes du mouvement sioniste d’influence socialiste dont le premier kibboutz est fondé à Degania en 1910 dans la Palestine sous l’empire musulman des Ottomans. En somme, les sionistes de gauche voulaient et veulent une société socialiste, sans religion, sont partisans d’un État en Palestine,mais sont relativement souples sur les frontières. Avant 1948, ils ont même envisagé un État mixte judéo-arabe.
J’aimerais reproduire par la suite quelques réflexions de l’écrivain israélien
Avraham B. Yehoshua qui je trouve particulièrement intéressantes car elles émanent d’un jeune israélien qui est en faveur d’un état palestinien :« Libérer le terme sioniste de tous les appendices et autres ajouts superflus qui lui ont ét accolés permettra non seulement d’éclaircir tous les différends idéologiques et politiques entre nous, évitant ainsi une mythification des controverses, mais obligera les critiques en dehors d’Israël à mieux préciser et à mieux focaliser leurs positions. »
A l’étranger, dans les cercles critiques à l’égard d’Israël, le sionisme sert de poison à l’aide duquel chaque argument à l’encontre de l’Etat hébreu se voitaggravé. Pour certains critiques, la solution pour l’avenir de ce pays est même dans la «désionisation» de son identité. Pour les ennemis jurés d’Israël, sioniste est un vocable diabolique, un qualificatif péjoratif remplaçant le mot «israélien» ou«juif». Les membres du Hamas parleront du «soldat sioniste prisonnier», et leHezbollah et l’Iran se référeront à «l’entité sioniste criminelle» et non à Israël.

Dans ces conditions, il faut tenter de définir de façon réaliste le terme sioniste.
Tout d’abord, il convient de se rappeler que ce terme est né à la fin du XIXe siècle. Cela n’a donc aucun sens de définir par ce mot le poète Yéhouda Halévy de sioniste, lui qui œuvrait au XIe siècle en Espagne, ou un juif quelconque immigré en terre d’Israël au cours des siècles passés.

Du coup, comment définir qui est sioniste depuis l’apparition du mouvementsioniste, inspiré de Theodor Herzl et de ses adeptes ? Voici une définition : un sioniste est un individu qui désire ou soutient la création d’un Etat juif en terre d’Israël qui serait, dans le futur, l’Etat du peuple juif. Selon les propos mêmes de Herzl : «A Bâle, j’ai fondé l’Etat des juifs.» Le mot-clé en l’occurrence est : «Etat».

Et, de manière naturelle, il s’agit de la terre d’Israël à cause de l’attachementhistorique du peuple juif à cette terre.Mon trisaïeul, par exemple, venu de Salonique en terre d’Israël au milieu duXIXe siècle, ne peut donc être défini comme un sioniste. Il est venu s’y installer et non fonder un Etat. C’est le cas des aïeux des Nétouré Karta («les Gardiens de la cité») et d’autres groupes hassidiques arrivés au XVIIe siècle et au XVIIIe qui lui vouent la même fidélité, mais dont certains d’entre eux considéraient, et considèrent toujours, l’Etat d’Israël comme une abomination et un blasphème. Herzl lui-même et nombre de dirigeants sionistes n’ont jamais immigré en terre d’Israël, sans que, pour autant, on ne puisse pas les qualifier de sionistes.Quiconque définit le sioniste comme celui qui a immigré en Israël déclare, en fait,qu’aucun sioniste ne se trouve hors de ce pays. Ce qui est faux. Et que dire de ceux qui sont nés en Israël ? Seraient-ils sionistes de naissance ?
Reste à savoir quel Etat désiraient ceux qui en soutenaient le projet? Chaque sioniste affichait sa propre vision et son programme. Le sionisme n’est pas une idéologie. Si l’on retient comme définition de l’idéologie la conjonction systématique et unifiée d’idées, de conceptions, de principes et de mots d’ordre à l’aide desquels s’incarne une vision du monde d’un groupe, d’un parti ou d’une classe sociale, le sionisme ne peut sûrement pas être tenu pour une idéologie mais juste comme une très large plateforme de différentes idéologies, parfois même antagonistes.
Après la création de l’Etat d’Israël en 1948, la définition du sioniste s’est métamorphosée : un sioniste accepte le principe que l’Etat d’Israël n’appartient pas à ses citoyens mais au peuple juif tout entier, et l’expression obligatoire qui en découle est «la loi du retour». Les affaires de l’Etat sont du ressort exclusif de ses citoyens – les détenteurs de la carte d’identité israélienne, dont 80% de juifs et 20% de Palestiniens israéliens et d’autres. Néanmoins, seul celui qui soutient la loi du retour est sioniste et celui qui le refuse ne l’est pas. Mais les juifs israéliens qui rejettent la loi du retour et se qualifient de non-sionistes ou de post-sionistes (àndroite comme à gauche) demeurent de bons citoyens loyaux de l’Etat d’Israël,avec leurs droits garantis.

Il en découle que toutes les grandes questions idéologiques, politiques, sécuritaires et sociales, sur lesquelles nous nous affrontons, nuit et jour, ne relèvent pas du sionisme. Elles appartiennent au même registre de querelles que d’autres peuples ont connues et connaissent encore. En outre, le mot sionisme n’est pas là pour se substituer à «patriotisme»,«esprit pionnier»,«humanisme» ou «amour de la patrie» que d’autres langues utilisent.

De même, il n’existe pas de rapport entre la surface de l’Etat et le sionisme. Siles Arabes avaient accepté le plan de partage de la Palestine en 1947, l’Etat d’Israël dans les frontières du partage n’aurait pas été moins sioniste que dans d’autres frontières. Si l’Etat hébreu avait conquis et annexé la Transjordanie et abrogé la loi du retour, il aurait cessé d’être sioniste, bien qu’il eût triplé ou quadruplé son territoire.
Concernant la loi du retour que d’aucuns considèrent comme discriminatoire à l’égard des citoyens palestiniens d’Israël, il convient de répondre que la loi du retour est la condition morale posée par les nations du monde à la création de l’Etat d’Israël. Le partage, en 1947, de la Palestine en un Etat juif et un Etat palestinien ne s’effectuait qu’à condition que l’Etat juif ne soit pas celui du petit établissement des 600 000 Israéliens qui y vivaient à cette époque,mais un Etat qui puisse résoudre la détresse de tous les juifs du monde et offrir à tous les juifs la possibilité d’y trouver un foyer. Serait-il moral que les centaines de milliers de juifs qui ont pu immigrer en Israël grâce à la loi du retour referment les portes à travers lesquelles ils ont pu y pénétrer ?
 En outre, il est vraisemblable que l’Etat palestinien, qui naîtra, je l’espère,rapidement et de nos jours, aura sa propre loi du retour. Cette loi revêtira une semblable valeur morale qui permettra à tout Palestinien exilé d’y revenir, et d’ en recevoir la citoyenneté. Que ce soit en Israël ou dans l’Etat palestinien, cette loine contredit pas les lois d’immigration générale, comme partout dans le monde.»
Le sionisme, l’antisémitisme et la gauche
Le philosophe et historien marxiste Moishe Postone ,qui travaille à l’Université de Chicago, a joué un rôle important dans le développement des analyses de « l’antisémitisme de gauche ». Il s’intéresse aux façons dont les positions de la gauche, en particulier sur la question d’Israël/Palestine, peuvent alimenter l’hostilité envers les Juifs ou être fondées sur celle-ci.

Voici quelques observations de Postone qui me paraissent intéressantes pour comprendre pourquoi certains à gauche s’acharnent tellement sur le concept «sionisme » qui est littéralement diabolisé. Ces remarques évoquentégalement « l’antisemitisme de gauche »dont il faut aujourd’hui se rendre compte qu’il a bien existé et continue, sous de formes nouvelles,à exister à gauche. Est-ce que l’anti-sionisme moderne peut-il être considéré comme une telle nouvelle émanation de l’antisemitisme ? Quelles sont les racines de l’anti-sionisme àgauche ?Il faut démêler ici plusieurs fils. On constate en effet une sorte de convergence fatale entre plusieurs courants historiques dans la forme contemporaine de l’antisionisme.

Le premier courant, dont les origines ne sont pas nécessairement antisémites,puise ses racines dans les luttes au sein de l’intelligentsia juive en Europe de l’Est au début du XXe siècle. La majorité des intellectuels juifs – y compris les intellectuels laïques –estimait à l’époque qu’une certaine forme d’identité collective faisait partie intégrante de l’expérience juive. Cette identité est devenue de plus en plus définie comme une identité nationale suite à l’effondrement des formes de pouvoir impériales qui organisaient les communautés –c’est-à-dire lorsque les vieux empires, celui des Habsbourg, des Romanov,et l’empire prussien se sont écroulés. Les Juifs d’Europe de l’Est, contrairement aux Juifs d’Europe occidentale, se considéraient en grande partie comme les>membres d’une communauté, pas simplement comme les fidèles d’une religion.

Cette autodéfinition nationale juive a pris diverses formes. Le sionisme en était une. Il en existait d’autres, comme par exemple les juifs partisans de l’autonomie culturelle, et le Bund, mouvement socialiste autonome de travailleurs juifs,beaucoup plus important que tous les autres mouvements, et qui s’est séparé du Parti social-démocrate russe au début du XXe siècle.

D’un autre côté, il y avait des Juifs, dont beaucoup militaient dans les partis communistes, qui considéraient toute expression de l’identité juive comme l’antithèse de ce que j’appellerai leur conception abstraite de l’humanité influencée par les Lumières. Par exemple, Trotsky, dans un premier temps, jugea que les partisans du Bund étaient des « sionistes ayant le mal de mer ». Vous noterez que la critique du sionisme exprimée ici par Trotsky n’avait rien à voir avec la Palestine, ou la situation des Palestiniens, puisque le Bund combattaituniquement pour l’autonomie nationale au sein de l’empire russe et rejetait le sionisme.

En fait, le trait d’égalité tracé par Trotsky entre le Bund et le sionisme impliquait un rejet de toute forme d’auto-identification collective pour les Juifs. Trotsky, je pense, a changé d’avis plus tard, mais cette attitude était assez typique à l’époque. Les organisations communistes avaient tendance à s’opposer très fortement à toutes les formes de nationalisme juif, qu’il s’agisse de nationalisme culturel, de nationalisme politique, ou de sionisme. Ce courant de l’antisionisme n’est pas nécessairement antisémite, mais il rejette toute auto-identification collective des Juifs au nom d’un universalisme abstrait. Pourtant, souvent, cette forme d’antisionisme est incohérente – elle accorde le droit à l’autodétermination à la plupart des peuples, pas aux Juifs. C’est à ce moment que ce qui se présente comme un universel abstrait devient idéologique. En outre, le sens de cet universalisme abstrait change lui-même avec le contexte historique.

Depuis l’Holocauste et la création de l’Etat d’Israël, cet universalisme abstrait sert à voiler l’histoire des Juifs en Europe. Il remplit une double fonction de «nettoyage » historique, très utile : il efface la violence perpétrée historiquement par les Européens contre les Juifs ; en même temps il attribue désormais aux Juifs les horreurs du colonialisme européen. Dans ce cas, l’universalisme abstrait exprimé par de nombreux antisionistes actuels devient une idéologie de légitimation ; elle contribue à instaurer une forme d’amnésie en ce qui concerne la longue histoire des actions, des politiques et des idéologies envers les Juifs d’Europe, tout en continuant cette histoire pour l’essentiel. Une fois de plus, les Juifs deviennent l’objet unique de l’indignation européenne. On critique désormais avec virulence la solidarité que la plupart des Juifs éprouvent envers d’autres Juifs, y compris ceux qui vivent en Israël –solidarité d’autant plus compréhensible après l’Holocauste. Cette forme d’antisionisme est devenue l’une des bases d’un programme d’éradication du droit actuel des Juifs à l’autodétermination. Il converge avec certaines formes de nationalisme arabe – qui sont maintenant codées comme étant remarquablement progressistes.

Un autre courant de l’antisionisme de gauche –cette fois profondément antisémitea été inauguré par l’Union soviétique, en particulier durant les procès fabriqués qui se sont déroulés en Europe de l’Est après la Seconde Guerre mondiale. Ces manœuvres ont eu des conséquences particulièrement dramatiques dans le cas du procès Slansky, puisque la plupart des membres du Comité central du Parti communiste tchécoslovaque ont été jugés et fusillés.

Toutes les charges retenues contre eux étaient des accusations classiquement antisémites : ils n’avaient pas de racines, ils étaient cosmopolites, et ils faisaient partie d’une conspiration mondiale générale. Parce que l’Union soviétique ne pouvait pas utiliser officiellement la langue de l’antisémitisme, ses partisans ont commencé à utiliser le mot « sioniste » pour désigner exactement ce que les antisémites veulent dire lorsqu’ils parlent des Juifs.

Ces dirigeants du PC tchécoslovaque, qui n’avaient rien à voir avec le sionisme – la plupart d’entre eux étaient des vétérans de la guerre civile espagnole– ont été fusillés en raison de leur « sionisme ».
Ce courant de l’antisionisme antisémite a été importé au Moyen-Orient pendantla guerre froide, en partie grâce aux services de renseignements de pays comme l’Allemagne de l’Est. Une forme d’antisémitisme a été introduite au Moyen-Orient ; elle était « légitime » pour la gauche, et on l’a appelée l’antisionisme.Les origines de cet antisionisme n’avaient rien à voir avec un mouvement contrela colonisation israélienne. Bien sûr, la population arabe de Palestine a réagi de façon négative face à l’immigration juive et elle l’a combattue. C’est parfaitement compréhensible. En soi cette résistance n’est absolument pas antisémite. Mais ces courants de l’antisionisme ont convergé historiquement.

En ce qui concerne le troisième courant, il est lié à un changement advenu au cours des dix dernières années, environ, qui a touché d’abord le mouvement palestinien lui-même, et qui concerne l’existence d’Israël. Pendant des décennies, la plupart des organisations palestiniennes ont refusé d’accepter l’existence d’Israël. En 1988, cependant, l’OLP a changé de position à cet égard.La deuxième Intifada, qui a commencé en 2000, était politiquement très différente de la première et a entraîné un renversement de cette décision.

Cela a été une erreur politique fondamentale d’appeler à la suppression de l’Etat d’Israël ; il est remarquable et regrettable que la gauche se soit laissé prendre, et de plus en plus, à ce piège. Cependant, aujourd’hui, au Moyen-Orient, il y a environ autant de Juifs que de Palestiniens. Toute stratégie fondée sur des analogies avec des situations comme l’Algérie ou l’Afrique du Sud ne fonctionne tout simplement pas, pour des raisons démographiques, politiques et historiques.
Pourquoi les gens ne voient-ils pas la situation telle qu’elle est aujourd’hui, et n’essayent-ils pas de trouver un moyen de résoudre ce qui est essentiellement un conflit national et de faire naître une politique progressiste ? Coller une étiquette colonialiste à ce conflit ne permet pas de le comprendre. Contrairement à ceux qui subordonnent leur politique progressiste à la lutte nationale, je pense que tant que la lutte sera axée sur l’existence d’Israël et celle de la Palestine, les combats progressistes seront sapés à la base. Ceux qui considèrent que la lutte contre l’existence d’Israël est progressiste reprennent à leur compte une idée réactionnaire et lui donnent un sens opposé.

Durant la dernière décennie, certains Palestiniens et la gauche occidentale ont mené une campagne concertée pour remettre en cause l’existence d’Israël.Entre autres conséquences, cela a eu pour effet de renforcer la droite dans ce pays.

Entre 1967 et 2000, la gauche israélienne avait toujours soutenu queles Palestiniens voulaient que l’on reconnaisse leur droit à l’autodétermination, et que la droite israélienne fabulait quand elle prétendait qu’ils voulaient détruire Israël. Malheureusement, en 2000, ce fantasme s’est avéré ne pas en être un, ce qui a considérablement renforcé la droite dans ses tentatives d’empêcher la naissance d’un Etat palestinien. La droite israélienne et la droite palestinienne se renforcent mutuellement, et la gauche occidentale soutient la droite palestinienne, les ultra-nationalistes et les islamistes .L’idée que le droit à l’autodétermination doit être respecté pour toutes les nations,sauf pour les Juifs, vient de l’Union soviétique. Il suffit de lire les écrits de Staline sur la question des nationalités. »

 Conclusion
Chacun jugera pour lui-même si les les positions d’une partie de la gauche actuelle envers Israël ont des implications antisémites et si des courants de gauche existent qui non seulement critiquent et veulent changer la politique du gouvernement israélien envers les Palestiniens, mais surtout à vouloir supprimer Israël en tant que tel et souhaitent un monde où tous les autres états auraient le droit d’exister sauf Israël.

Personnellement, je reste critique envers TOUS les Etats. Peut-être un jour TOUS les habitants de la région vivront dans une confédération quirespecte le droit à l’existence de TOUS les habitants de la région.

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